Une pédagogie participative

La pédagogie de B.A.BA-TV est une pédagogie d’engagement :

  • Je vois à l’écran des personnes qui ont les mêmes problèmes que moi
  • Je vois que c’est faisable et que ça peut m’aider dans la vie quotidienne
  • Ça dédramatise la situation d’illettrisme ou d’analphabétisme que je vis
  • Ça m’est accessible puisque j’ai aussi un téléphone
  • Je peux appeler et faire le parcours
  • Je suis suivi et motivé par le service

Le téléspectateur peut démarrer à tout moment, à partir de n’importe quel épisode. Le service interactif est conçu pour détecter en fonction de ses réponses son niveau et lui indiquer l’émission à suivre. En permanence l’apprenant est motivé par des gratifications et des encouragements. S’il ne vient pas à un rendez-vous, le serveur l’appelle. Et là, le recours à certaines célébrités locales sera précieux. Ce ne sera plus B.A.BA-TV mais une célébrité qui l’encourage et le motive.

 

L’étude Folia – Kosmidis

 

Dans une étude de 2003, les professeurs Vasiliki FOLIA (Radboud University Nijmegen) et Mary Helen KOSMIDIS (Aristotle University of Thessaloniki) ont testé et comparé les capacités mémorielles des illettrés avec celle des autres populations. Les résultats font apparaître que la mémorisation des illettrés est plus performante quand le travail se fait à partir d’objets réels plutôt qu’avec des éléments abstraits (mots ou images en 2D). Des résultats dont on retrouve une application dans B.A.BA-TV. En effet, chaque épisode présente un problème lié à l’illettrisme avec une situation réelle. La solution apportée, une règle ou une notion de base, est immédiatement mise en application dans l’épisode. En associant ainsi la solution avec des cas concrets et visuels, B.A.BA-TV s’adapte aux capacités de mémorisation des illettrés.

Le travail de recherche des deux professeurs s’appuie sur trois groupes distincts de femmes adultes : 19 personnes n’ayant jamais été à l’école (illettrées), 20 ayant été scolarisées entre 1 et 9 ans (semi-lettrées), 15 personnes ayant plus de 10 ans de scolarité (lettrées). L’objectif de l’étude est d’évaluer si les personnes illettrées ont moins de capacité de mémorisation que les autres groupes.

Pour ce faire, trois groupes sont confrontés à deux tests différents :

Le premier est une liste de 16 mots correspondant à des objets usuels. Chaque mot est annoncé à la personne testée. A la fin de l’énoncé de la liste, les mots sont cachés. La personne testée doit dire les mots qu’elle a mémorisé. L’exercice est répété 5 fois avec la même liste.
Le deuxième test s’effectue avec des objets réels posés sur une table devant la personne testée. Après l’énoncé de tous les objets, ceux-ci sont cachés. La personne testée doit alors dire le nom des objets qu’elle a mémorisé. Le test est également effectué 5 fois.
Quand on compare les résultats obtenus par chaque groupe (schéma ci-dessous), il apparaît que, pour les illettrés, la mémorisation des mots est plus difficile quand il s’agit d’un texte et non d’objets. On constate que dans les tests basés sur les listes de mots, les personnes illettrées enregistrent des résultats significativement inférieurs aux deux groupes de personnes ayant été scolarisées. Lorsqu’il s’agit d’objets, la mémorisation instantanée est quasiment identique entre personnes illettrées et personnes ayant été scolarisées. Il n’y a donc pas de déficience mémorielle, a priori chez les personnes n’ayant pas été scolarisées, mais une difficulté avec la lecture. Dès qu’on utilise des éléments réels en 3D, leur capacité de mémorisation instantanée est identique aux autres groupes.

Cela signifie que les adultes illettrés sont surtout désavantagés dans le traitement des représentations symboliques.

Par exemple, dans L’ami BABA, en mettant en scène, dans ses épisodes, des situations de la vie courante, B.A.BA-TV s’appuie sur la faculté des personnes illettrées à mémoriser du concret plutôt que de l’abstrait. Dans l’épisode sur la multiplication, le problème de calcul est posé avec des noix de coco. Il va chercher 5 fois 6 noix de coco. Dans l’explication de la solution, le personnage et les noix de coco sont reprises. Et la mise en application dans la dernière partie de l’épisode se fait aussi avec les noix de coco; on voit Basile finir de poser les 30 noix de coco dans les caisses. La notion à apprendre, la multiplication est ainsi plus facile à mémoriser car associé à une situation concrète et réelle. Grâce au format Fiction, B.A.BA-TV s’adapte aux mieux aux capacités cognitives de son public. Chaque notion à acquérir est associée à un usage immédiat de la vie courante. Une situation que l’apprenant pourrait rencontrer dans son quotidien.

Le même principe se retrouve en application sur le serveur vocal interactif. L’explication de la notion reprend tous les éléments de l’émission. Pour la multiplication, l’exemple avec les noix de coco est repris. L’apprenant peut ainsi plus facilement associer l’explication orale, qu’il écoute, avec les images qu’il a vu. Les exercices aussi s’appuient sur des situations réelles. Dans le cas de la multiplication, l’énoncé du premier exercice reprend le même personnage (Basile) et le met dans une situation similaire (il va chercher 4 sacs de 6 oranges au marché). L’apprenant peut ainsi plus facilement faire appel à ce qu’il a mémorisé. Lorsque l’apprenant réussit cet exercice, il passe alors à un exercice un peu plus abstrait. Il peut ainsi tester ses connaissances dans des contextes divers.

C’est ainsi que B.A.BA-TV s’adapte au public cœur de cible de ses émissions, ceux rencontrant des difficultés en lecture, écriture et calcul. La télévision est le vecteur idéal pour montrer du réel et donne un point d’appui à ceux pour qui l’abstrait est un obstacle.

Extrait de l’étude concernant les tests et les résultats enregistrés: Cliquez ici

 

 

 

Une pédagogie innovante

Les fondamentaux de l’apprentissage

 

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